Description
Au début des années 80, des dizaines de groupes se créent. Il placent sur la carte des villes éloignées des capitales : Sheffield, Manchester, Bilbao, Milan ou Rennes... Les cassettes s'échangent, permettant de sortir de l'isolement, mais ce sont les labels, forcément indépendants, qui financent les enregistrements, la sortie et la diffusion, souvent limitée, des disques. Ils portent, au-delà de la musique, une métalangue nuageuse faite de graphisme, de lecture, de cinéma, qui transporte Kafka ou Peter Saville des banlieues aux campagnes. Factory, Sordide Sentimental, Les Disques du Crépuscule, ne se définissaient pas par un style ou par une esthétique, mais par ce qu'ils créaient et permettaient de créer, par ce qu'ils faisaient découvrir. Il suffit d'une écoute pour comprendre que là où les louches collectionneurs de notre époque ne voient que de beaux objets, chargés d'une identité forte, se tenait l'engagement d'une subjectivité se sachant minoritaire et donc aux aguets.